Le gamin qui contournait les mots de passe
Quand le savoir avait une application, je devenais bon.
Je suis né à Aix-en-Provence, j'ai grandi en Haute-Savoie. Famille de salariés. Mon père, perfectionniste jusqu'au bout des ongles, le genre à ne rien laisser passer. Ma mère, plus tranquille. Moi, entre les deux, une chose était claire très tôt : j'aimais apprendre. Mais l'école, non.
Pas par manque de capacité. Par manque de sens. Apprendre une formule abstraite sans savoir à quoi elle servait, c'était du bruit. Le jour où j'ai compris, en terminale, qu'une équation du second degré pouvait calculer une accélération en mécanique, là, tout s'est allumé. Quand le savoir avait une application, je devenais bon.
En attendant ce déclic, je m'occupais autrement. Le mot de passe de l'ordinateur familial pour jouer aux jeux vidéo ? Contourné en passant par le mode sans échec. Les restrictions du collège ? J'avais trouvé mieux : deux carnets de liaison. Un pour les professeurs, qui servait aussi à justifier mes sorties avec une fausse autorisation parentale. Un pour mes parents, dans lequel les mots des profs n'existaient pas. Système parfait, jusqu'à ce qu'il ne le soit plus.
Ce n'était pas de la rébellion. C'était de l'ingénierie, à hauteur d'ado. Trouver la faille, comprendre le système, le faire tourner à son avantage. Des années plus tard, je fais exactement la même chose, mais avec des bases de données, des APIs et des modèles d'IA.
La mécanique, puis le vide
La mécanique, c'était ma première vraie passion. Quelque chose de concret, de logique, où chaque pièce a une fonction. J'aurais pu rester là. Mais la vie ne suit pas toujours le plan, surtout quand il n'y en a pas.
Après les études, j'ai enchaîné les petits boulots. Pas de trajectoire linéaire, pas de plan de carrière. En parallèle, je me suis formé à la PNL (programmation neuro-linguistique) pour apprendre à mieux communiquer. Pas par curiosité intellectuelle : par nécessité. Comprendre comment les gens fonctionnent ne m'a jamais semblé intuitif. Il a fallu que je l'apprenne, comme on apprend une langue étrangère. Ça m'a rendu meilleur, pas seulement dans les interactions, mais dans la manière de poser des problèmes.
Et puis 2020 est arrivé.
Le confinement comme accélérateur
Pour la première fois depuis la mécanique, j'avais trouvé un domaine où la logique servait à quelque chose de concret.
Mars 2020. Le monde s'arrête. Moi, je démarre. Pendant que la majorité subissait le confinement, je suis tombé sur les lives d'Anis Ansari, de Defend Intelligence. Data, Python, SQL, visualisation, tout ça, en direct, gratuitement. L'étincelle a pris.
Ce n'était pas un choix de carrière calculé. C'était viscéral. Pour la première fois depuis la mécanique, j'avais trouvé un domaine où la logique servait à quelque chose de concret : transformer des données brutes en décisions. J'ai enchaîné avec un parcours Data Analyst chez OpenClassrooms, diplôme RNCP niveau 6 en poche.
Mais un diplôme sans expérience, en France, ça ne vaut pas grand-chose. Les portes restaient fermées. Alors j'ai fait ce que j'ai toujours fait : contourner le problème.
Le Portugal, Google, et les premières preuves
Pour une équipe qui pilotait à vue, c'était un changement de paradigme.
Direction le Portugal. Pas un exil, un repositionnement. C'est là que j'ai décroché mon premier vrai poste dans la data : Business Analyst chez Teleperformance, sur un projet Google.
Le contexte était particulier. Le projet était neuf en interne, sans process établi, sans reporting structuré. Exactement le genre de terrain que j'aime : un vide à combler avec du concret. J'ai construit les premiers dashboards de performance des équipes, automatisé le reporting (dix heures par semaine récupérées) et identifié les quick wins dans les données d'opportunités commerciales. Rien de spectaculaire sur le papier. Mais pour une équipe qui pilotait à vue, c'était un changement de paradigme.
Google m'a beaucoup appris. La rigueur, la culture de la donnée, la collaboration à grande échelle. Pourtant, quelque chose coinçait. Je sentais que j'avais le potentiel de faire plus, mais dans un cadre aussi structuré, contribuer au-delà de ce qu'on me demandait restait difficile. L'ambition était là, mais pas l'espace.
Tbilisi : le mois qui a tout changé
La Géorgie, au départ, c'était un billet pour un mois. Découvrir le Caucase, changer d'air, rien de définitif.
Un mois est devenu deux, puis six, puis une vie. Tbilisi a ce mélange rare : une énergie brute, une culture d'accueil, et un écosystème où tout reste à construire. J'y ai aussi rencontré Darina, et certaines décisions se prennent sans avoir besoin de peser le pour et le contre.
Ce qui est frappant avec les voyages, c'est qu'ils révèlent des problèmes qu'aucune formation n'enseigne. En Géorgie, une même adresse peut s'écrire de quatre façons différentes en alphabet géorgien - et parfois, il n'y a qu'un point GPS en guise de localisation. Avant même de travailler sur ce type de problématique dans un contexte professionnel data, j'avais dû bidouiller des solutions au quotidien pour simplement recevoir un colis ou indiquer mon adresse. Le terrain m'a formé avant le métier.
C'est une constante dans mon parcours : les situations concrètes m'apprennent plus vite que la théorie. Et c'est exactement ce que j'apporte à mes clients.
Pourquoi le consulting
Mon but reste simple : transformer des données et de l'IA en leviers concrets.
Chez Google, j'ai construit des fondations solides : rigueur, data-driven, collaboration à grande échelle. Mais je sentais que mon potentiel dépassait le cadre qu'on me donnait. Je voulais choisir les problèmes à résoudre, les entreprises avec qui travailler, et la forme que prendrait l'impact.
Le consulting indépendant, c'est ça pour moi : la liberté de dire oui aux projets qui ont du sens, et non à ceux qui rentrent dans une case. C'est aussi accepter les mois plus calmes, les deadlines serrées, les pivots imprévus, mais en échange, je décide de l'ampleur de ce que je construis.
Mon but reste simple : transformer des données et de l'IA en leviers concrets pour mes clients. Pas avec du vent ou des decks interminables. Avec du code qui tourne, des automatisations qui libèrent du temps, des dashboards qui éclairent vraiment, et un transfert de compétences pour qu'ils deviennent autonomes après mon départ.
L'effet cumulé
Ce que je fais aujourd'hui doit servir à faire plus demain.
Je n'ai pas de grande philosophie du travail. Mais j'ai un principe qui guide tout ce que je construis : l'effet cumulé. Ce que je fais aujourd'hui doit servir à faire plus demain.
C'est pour ça que j'automatise. Pas par flemme, par ambition. Chaque processus automatisé libère du temps. Chaque dashboard bien conçu évite des heures de reporting. Chaque pipeline de données fiabilisé, c'est une décision de plus qui se prend sur des faits et non sur l'intuition.
L'effet cumulé, c'est aussi ce que je veux créer pour mes clients. Pas un livrable ponctuel qui finit dans un tiroir, une brique qui en soutient une autre, puis une autre. Une stratégie data qui compose avec le temps.
Aujourd'hui
Basé à Tbilisi, je travaille principalement avec des entreprises françaises et internationales. Deux langues : français et anglais. Un fuseau horaire qui couvre l'Europe et au-delà. Et une conviction : les meilleurs consultants sont ceux qui rendent leurs clients autonomes.
Si vous avez un projet data ou IA en tête, ou simplement une question, parlons-en.